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日志


2007/12/14

Loosing my religion

Petit exercice d'écriture disponible sur l'atelier de MalicieuseLyly (voir les liens à gauche). Il s'agissait d'écrire un texte avec pour contrainte de clore son récit par la phrase en gras au bas du billet.

Ce soir là, il rêva son existence comme une longue errance sur la plage…

Sur sa droite se trouvait la ville. Immense fourmilière engloutissant toute chose, fondant l’individu dans la masse, refermant sur lui le moule d’une norme dont il est si mal vu de sortir. Ici se trouvait ses attaches : famille, amis, travail. Le tiercé dans le désordre. A chacun ses priorités.

Sur sa gauche se trouvait l’océan. Calme surface bleutée s’étendant à perte de vue. Au loin, il imaginait d’autres contrées, sources d’aventures, de passions nouvelles. Là-bas se trouvait une infinité de possibles.

Et lui dans tout cela ? Lui demeurait là, errant sur le sable fin. Tiraillé entre ses envies d’ailleurs et des obligations morales autant que matérielles.

Devant lui, une plage vierge de toute histoire. Avenir de souffrances, de déceptions, d’incertitudes à venir. Avenir de bonheur, d’amour, de partage et d’espoir. Morceau de vie à marquer de son empreinte.

Derrière lui ses propres pas, zigzagant de gauche à droite, hésitant, rebroussant chemin ou tournant en rond.

Puis il remarqua des empreintes étranges. Des marques de pas suivant très précisément les siennes, retraçant sa propre route. Il sut immédiatement ce dont il s’agissait.

Il avait longtemps eu besoin de cette présence à ses côtés pour avancer. Besoin de cette menace divine brandit sur sa terre pour devenir quelqu’un d’honorable. Puis il avait abandonné tout cela le jour où il comprit combien elle avait apporté plus de mal que de bien en ce monde. Elle avait sacrifié la vie de nombreux hommes par le passé. Encore aujourd’hui elle semait la mort au nom d’un idéal d’amour. Elle : la foi. Elle dont les empreintes s’éloignaient à présent de son chemin à lui.

Elle l’avait accompagné autrefois. Etait-ce à lui de revenir vers elle aujourd’hui ? Dans le doute…

Il suivit ses empreintes dans le sable pendant un moment, mais elles disparurent lorsqu’il arriva près des bosquets qui bordaient la plage : ainsi, il la perdit.

Jason.

2007/10/24

Atelier d'écriture

Voici un petit atelier d'écriture proposé sur un blog (malheureusement supprimé depuis) sur lequel je suis tombé il y a quelques jours.

Il s'agissait de trouver 5 mots rimant avec "écriture" (les 5 premiers mots qui viennent à l'esprit), puis d'en faire un petit poème. C'est plus ou moins facile à faire selon les mots imaginés initialement. Pour moi ça donnait : censure, morsure, conjecture, friture, pourriture (oui j'ai des pensées étranges parfois). Le résultat est donc plutôt bizaroïde au final mais je me suis bien marré à m'y essayer. Si quelqu'un veut s'amuser à proposer un petit truc... :)


Loin des cendres des défuntes conjectures,

La plume renaît pour guider son écriture.

Libérant cette bouillante et intense friture,

Son âme s'épanche sur la page comme une morsure.

Les mots lâchés ne supportent aucune censure,

Pour décrire un monde agonisant aux relents de pourriture.

2007/10/6

*-*

Elle s’étend là, juste devant de moi. Pose lascive et gourmandise dans le regard. Je n’arrive pas à réaliser ce qui se passe mais elle ne me laisse guère le temps d’y réfléchir. Le désir semble la consumer tandis qu’elle s’ouvre à moi. Je la caresse du regard, épousant doucement ses formes exceptionnelles, explorant la moindre parcelle qui s’offre à moi. Je perçois un léger tremblement de tout son être lorsque j’accède enfin à sa requête. Et alors qu’elle se dévoile davantage encore, révélant pudiquement des tons légèrement rosés ça et là, elle me réclame d’aller plus avant, encore et encore… Elle attend de moi d’être « activée »…

(Quelle petite coquinette cette fenêtre d’activation Norton Antivirus…)

2007/10/1

C'est l'histoire...

C’est l’histoire d’une jeune fille au

Cœur tendre et sucré, quand tant d’entre nous recèlent un

Cœur meurtri, privé de toute envie de battre.

C’est l’histoire d’une jeune fille pleine de vie, rien d’une

Âme en peine, errant dans les méandres de son propre enfer.

Une jeune fille ayant tout pour réussir.

Quelqu’un pour qui le quotidien ne semble offrir que

Douces et infinis promesses ne pouvant laisser place aux

Souffrances et illusions perdues.

Et parce qu’elle croit encore en un amour vrai,

Son existence est un combat de chaque instant,

Pour pouvoir avoir la chance de se retrouver un beau matin

Face à celui qui hante son esprit

Cet homme qui sera capable de la combler de bonheur, cet homme

Qui anéantira jour après jour

Ses vieux démons, cet homme qui fera se concrétiser

Ses doux rêves de princesse.

Et si parfois il lui arrive de douter, elle sait au fond d’elle que

L’avenir est riche d’une infinité de possibles.

On lui a pourtant souvent répété « elle aussi croyait un temps aux douces espérances,

Mais le doute s’est installé avec les promesses non tenues. »

Elle savait cependant que les promesses non tenues par la vie ne durent qu’un temps…

2007/5/22

Rêve prémonitoire

C'était il y a près d'un an jour pour jour...

Cette nuit j'ai fait un rêve très bizarre. J'étais dans un magasin, je ne sais pas de quelle sorte. Probablement une grosse enseigne de disques. Et je suis en train de me ballader dans les allées lorsque j'entends une musique qui passe dans tout le magasin. Un son plutôt rock, sympa. Je me dis à ce moment là que j'aimerais bien connaître le nom du groupe pour pouvoir retrouver l'album et réécouter ce son plus tard.

Soudain je remarque un type à côté de moi qui fredonne sur la musique. Je m'approche de lui, m'excuse de le déranger, et lui demande si il connaît le groupe. Il me dit que oui et qu'il s'agit des ù$!:ù$!:!$:ù. Impossible de savoir dans quelle langue il m'avait parlé. Le fait est que je n'avais strictement rien compris. Voyant cela lui aussi, il me dit qu'il va me donner le titre du morceau, ça sera plus simple. Selon lui ça s'appelle "exostation".

Comme il me dit ça oralement je ne suis pas sûr de l'orthographe. Mais là encore il le remarque et devance ma question en me disant qu'il a un stylo et qu'il va m'écrire le titre du morceau avec la bonne orthographe si je lui fournis un support sur quoi écrire.

C'est à ce moment là que je remarque que je tiens dans la main un coeur. Pas un vrai coeur bien sûr. Il s'agit juste d'une forme en carton qui représente un coeur. Et bizarrement dans mon rêve j'assimile immédiatement ce carton en forme de coeur à mon vrai coeur dans toute sa fragilité. Je lui tends d'ailleurs ce carton dans mon rêve en lui disant "écris-le sur MON coeur".

C'est alors qu'il écrit en toutes lettres sur ce coeur EXHAUSTATION. Je n'aurais jamais cru que ça s'écrivait comme ça si il ne me l'avait pas écrit sur MON coeur. Je le remercie donc et le rêve s'achève...

A mon réveil je reste perplexe et me demande si ce mot existe réellement. Et voici ce que je trouve : He died during his travel, due to physical exhaustation. Ce qui signifie mourrir d'épuisement...

Je n'ai jamais vu ni entendu ce mot de ma vie. Et ce type dans mon rêve écrit sur mon coeur EXHAUSTATION qui signifie l'épuisement...

J'ai longtemps pensé que mon coeur n'était pas assez musclé. J'avais parfois quelques palpitations. Mais rarement. Un rythme cardiaque bien trop élevé aussi pendant un effort. Parfois encore du mal à récupérer d'un exercice violent. Enfin une pointe de douleur inexplicable dans la poitrine. Le manque de sport sans doute. Oui, juste ça.

Mais pourquoi est-ce que tu ressens toi aussi ces choses petite soeur...

2007/4/11

Elle

Elle a dans les yeux mille promesses, mais son regard jamais sur moi ne se pose.
Elle a la douceur de l’ivresse, mais jamais contre moi ne se blottit sa peau de rose.

Elle a des bras apaisants, mais jamais je n’en ressens l’étreinte.
Elle a au bord des lèvres le firmament, mais jamais ses baisers ne viennent sécher mes larmes.

Son âme est mystérieuse, sa présence tantôt proche ou lointaine.
Proche en étant si loin. Si distante lorsque nous sommes si proches.

Des mots d’amour émergent d’un paradis perdu.
Les voilà qui résonnent à présent dans les cieux.

Ultime mélopée dans ce tourbillon flamboyant
Accompagnant la lente agonie de l’oiseau déchu.

Elle… Une âme sœur ? Une distance ? La maison des regrets ?
Elle, est à la fois tout et rien de cela.
Elle déçoit, elle nous blesse, elle nous brise,
Et enfin elle nous tue.

Elle… la mort, la souffrance, l’attente.
Ici rien n’a de sens, et tout en a.
Elle… une obsession, une rêverie, une trahison.
Elle… une pensée, une nostalgie…

Elle...
Peut-être la vie elle-même, ou tout autre chose.

Je ferme les yeux pour que Elle se fonde en Il.
Il...l’oubli, l’abandon, le néant…

Jason Caine
 
2006/11/26

Lettre à...

 

Même lorsque nous faisions l’amour, je savais que ce n’était pas pour toujours.

Et quand vient le chagrin, je persiste à l’aube de la fin.

Dans tes bras, toutes mes larmes glissent et l’espérance nous fait survivre. Un sursis pour la peine capitale.

Un peu de rêve avant que tu disparaisses. Je repeins les murs de notre histoire. Je mets un peu de couleurs sur ton visage. J’ajoute des sourires sur les photos que nous n’aurons pas prises.

Tes yeux se baladent sur mon corps mais ils ne cherchent jamais à voir plus loin. Tes mains caressantes, ne font jamais le tour de mon cœur. Je me noie dans les remous d’une histoire abandonnée. Incapable d’avancer. Mon rêve brisé se termine et la tempête m’emmène à des kilomètres de toi. J’en garde des ailes lacérées, des moments loupés et des échanges avortés.

Tes lèvres sucrés et tes baisers empoisonnés vont me manqués.

Mes sourires à tes côtés furent indomptés mais je t’ai aimé. Je ne peux pas dormir. Je voudrais des bras protecteurs. Une voix souriante et des baisers acidulés.

Ma peau douce s’est transformée en pyrogravure, blessée par tes lèvres acides.

 
< par Lita ( http://badgirl.zeblog.com/ ) >


Merci tite Lita d'avoir accédé à mon désir de voir ce texte être partagé ici. Tu sais déjà tout le bien que j'en pense. C'est de loin en intensité et en authenticité ce que j'ai lu de mieux ces derniers mois. Tout en sensibilité en somme pour un pur concentré d'émotions. Merci encore !!!

2006/11/13

Forces inconnues

Ah ça faisait longtemps... un petit poème pur et rafraîchissant de ma chère Jill (merci !!!). Amusez-vous avec les doubles lectures ;-p
 

Forces inconnues

 

Forces inconnues qui me transpercent

Eveil des sens

Trouble vision d’un renouveau qui berce

Perte et démence

 

Impression de n’être plus pareil

Etre ailleurs

Se sentir incontrôlable et plus soi même

Avoir peur

 

Jouissance de sentiments nouveaux

Inconnus auparavant

Sentiment de connaître ce qu’il y a de plus beau

Plaisir d’un amant

 

Forces inconnues d’un amour nouveau

Plaisir d’aimer

Avoir envie de continuer vers le haut

Plaisir caché

 

Ressentir pour la première fois ce sentiment

Si spécial et si doux

Etre incapable de décrire ce que l’on ressent

Face a cette force enivrante et non palpable.

 

Jill

http://jill-ecrits.spaces.live.com/

 

2006/6/3

Même combat...

M.P. Officier M.P. Est-ce le nom que me murmurera à l’oreille ma douce et tendre épouse lorsque je reviendrai du front, ou est-ce celui qui sera gravé sur ma tombe après un dernier hommage de mes pairs ? Mon destin est-il d’être un énième soldat devant mourir pour sa patrie, ou vais-je avoir le privilège d’être celui qui survit à l’enfer ?

 

Je me souviens que les livres d’histoire faisaient mention de cette célèbre phrase prononcée durant la seconde guerre mondiale par un général allié : l’objectif n’est pas de mourir pour sa patrie, mais de faire en sorte que l’enfoiré d’en face meurt pour la sienne. Oui, c’était quelque chose dans ce goût là et j’avoue partager cette idée. Je n’ai pas envie de mourir. Pas encore...

 

Mais lui qui m’attend au détour de cette ruelle et dont je perçois l’ombre traîtresse se profiler au-delà d’un mur protecteur, n’est-il pas en train de se dire la même chose ? Qu’importe. Si l’un de nous doit y rester, j’aime autant que ce soit lui. Dommage pour toi l’ami. Il aura suffit que tu naisses de l’autre côté du front pour nourrir des idéaux contraire aux miens. Et puisque les hommes semblent incapables de faire preuve de tolérance, c’est par la force que je vais t’imposer les miens. Les anciens en ont décidé ainsi. Les enfants doivent mourir en soldats patriotiques pour défendre ce en quoi leurs parents croient. Adieu mon frère. Je n’oublie pas que dans d’autres circonstances…

 

[détonation]

 

Surgissant dans l’angle de la ruelle, j’ai pressé la détente pour expédier une balle meurtrière dans le thorax de l’individu. Celui-ci s’écroule dans une marre de sang. La balle est passée entre deux côtes pour venir perforer le cœur de part en part. Son souffle se fait haletant. Il peine à respirer. Je m’agenouille à ses côtés et le prend dans mes bras. Je le tiens ainsi serré contre moi jusqu’à ce qu’il s’en aille, ses yeux larmoyants braqués sur moi. Je ne cherche pas à fuir son regard. Au contraire. Je le capte. J’accepte le jugement de son âme.

 

Enfin. C’est fait. Je parviens à revoir son regard en détournant les yeux. La persistance de ce souvenir dans ma mémoire sera long. Et extrêmement douloureux. Mais c’est ce qui fait que je me sens encore humain. Je ne suis pas un de ses monstres qui tuent sans amertume ou remord. J’ai ôté la vie de cet homme. Je me dois au moins de me souvenir de lui, de ses yeux. Il a le droit de hanter mes nuits pour ce que je viens de lui faire, pour ce que je viens de lui ôter. Et puis, puisqu’on ne sait si son corps sera identifié d’ici à la fin de ce conflit, que restera-t-il de lui si moi aussi je l’oublie ?

 

Aujourd’hui je prends ta vie. En retour je te promets de ne jamais t ‘oublier. Tu resteras pour toujours dans ma mémoire ce jeune homme de 18 ans fauché par une de mes balles au détour d’une ruelle. Repose en paix. Là où tu vas la folie des hommes n’est plus, et personne ne te demandera de sacrifier ce que tu as de plus cher pour engraisser la vanité de quelques porcs appartenant à un état pseudo démocratique.

 

Je continue ma progression dans cet enfer plus communément appelé Sniper-Town. Une ville en ruine qui offre un terrain de jeu idéal pour les spécialistes de la mort à longue distance. Chaque recoin de ces quartiers offre une cachette potentielle pour un bon sniper. Dès lors, il ne s’agit plus pour l’ennemi de repérer une simple fenêtre ou une ruelle mais bien tout type de brèche dans un mur qui soit susceptible de laisser passer le canon d’un psg-1 et ses munitions meurtrières sifflant vers leur cible à près de 300 kms/h. La conquête de ce type de ville tourne ainsi très souvent au siège dont la durée peut aisément excéder plusieurs mois.

 

Bien sûr, il est tout aussi courant de raser entièrement la ville par un raid aérien massif lorsque la situation paraît s’enliser de manière interminable. Néanmoins, cela équivaut à se passer de toutes les richesses que pouvait receler la ville en question : dépôts de nourriture, caches d’armes, objets de valeur, sans oublier évidemment les quelques prisonniers de guerre que l’on aurait eu tout le loisir de torturer pour obtenir des renseignements aussi précieux que les derniers codes de cryptage des transmissions, la position des différents abris de combattants, la composition exacte des unités en poste dans les environs, etc.

2006/5/7

La vie est trop courte...

Un écrit "coup de coeur" comme je n'en n'ai pas eu depuis bien longtemps. Il n'y a qu'à se laisser porter ici par la sensibilité de ces interrogations universelles pour porter un regard nouveau sur les choses, sur les autres qui nous entourent... Merci Jill.
 
2006/4/9

Aile et île

Elle rêve.
 Idéalisation de l’île de sa vie.
« Cher journal où est l’homme de ma vie ? Où est l’âme de ma vie ?
En attendant, je survie … »
Pathétique.
Il n’y a pas de tactique du bonheur ; ne recherche pas l’âme sœur.
Il est quelque part. Il attend.
Quel intérêt d’avoir une aile. Il s’habitue à sa main masturbatrice.
Plaisir solitaire.
Et pourtant…
Elle rencontre il à l’île de ré. Il croise elle dans une ruelle.
Elle a craqué sur son sourire « émail diamant ».
Il est attiré à elle comme un aimant.
En un regard, ils deviennent couple.
Hier, aujourd’hui et demain se mêlent.
Une seconde.
Une vie bascule.
STOP
Et je dans l’histoire.
C’était son île.
Son paradis.
Sans il, je a perdu ses ailes.
« Je suis une aile tout autant qu’elle. »
Il veut avoir deux ailes mais il n’a qu’un seul cœur.
Il veut voler plus haut qu’avec une seule aile.
Ce plaisir multiplié le brûlera dans cette addition d’ailes
. Cet homme sans âmes a deux femmes.
Il n’ira pas loin…
Qu’importe.
Je tue il.
CHUT
Je regarde elle et il…
Je souffre en silence.
Ce silence qui les tuera.
 CRUELLE
Elle oublie son passé.
Elle est née colombe sans ailes, grâce à il elle se sent libre.
Il est seul au monde, personne à aimer, seul sur son île il a trouvé
elle…
A présent, ils s’envolent au septième ciel.
Plaisir charnel ?
Plus que ça osmose sexuelle !
Elle aime il, elle aime île dans aile.
Elle se noie dans l’île, dans ses yeux d’un profond bleu indigo.
A travers son hublot je admire île, je sais tout de l’avenir de ce couple
encore parfait.
Jeu pervers…
Elle fédérée à il.
Il fédéré à elle.
Le silence régnait souvent entre eux.
Pas de gêne.
Pas de communication…
Elle aime le monde virtuel, ils s’avouaient leurs mots et leurs maux par
émails interposés.
ETRANGE.
Pour île, aile était un « être-ange ».
Pour aile, île était l’effigie d’un dieu grec.
Arrête de tout idéaliser !!!
Il n’a rien à dire, elle parle trop.
Elle masturbe son cerveau, il déteste ça.
Le rêve de elle s’envole à tire d’ailes.
Ça semblait beau vue d’ici…
Idée préconçue que l’amour dure toujours ?
Aile désenchantée. Aile enchaînée à île.
[Sauvage Osmose schizophrénique.]
Relation à huit clos. Une fraude humaine.
Elle souffre d’une « nostalgie du futur ».
Aller loin ! Avec il ? Sans il !
Elle croyait avoir atteint une certaine liberté, elle se retrouve enfermée
dans une cage à barreaux dorés :
Aile froissée.
Elle quitte il.
Il déserte elle.
Elle lui écrit un émail.
« Reprends mes ailes, je retourne dans mon île. »
Elle gardera le souvenir d’une œuvre inachevée.
Elle pleure.
 
 
La Dahlia noire
 
La Dahlia noire c'est un peu notre résistance, une âme nature et entière dans un univers superficiel et fade; un univers faux qui nous rend capable de s'amouracher trop facilement de poèmes à l'eau de rose faits pour la masse ignorante.
A vous de poursuivre l'expérience à travers son "monde virtuel" pourtant plus vrai que celui dans lequel nous vivons...
 
2006/4/6

Le renversement

 

Le renversement

               

C'est hier que tout a basculé. Hier que les choses se sont renversées. C'est trop récent, personne n'a encore rien compris. Il faut faire une pause.

Pause...Pause !...PAUSE !!! Un murmure qui devient un cri, quand approchent les 20 h 50. La rumeur court, croit, rebondit contre les murs, passe d'un étage à l'autre. C'est l'heure de la pause. Les couloirs s'agitent et les fumeurs convergent vers la grande porte rouge du centre, qui claque, claque, claque. En bas, les étincelles des briquets embrasent des bouts de papier que tout le monde appelle  garo.  Moi, je reste encore tranquille sur mon lit à écouter mon reggae en essayant d'en rouler une en position couchée. Pas évident. On sort toujours en retard à la pause avec Philou, Marc et Bob. Question de principe.

Des fois on descend vraiment trop en retard parce qu'on n'a pas vu l'heure, parce qu'on a pas entendu l'appel ou parce qu'on a trop pris notre temps. On descend et on croise tout le monde qui remonte en criant, en courant, en se poussant. Quand on sort, on voit un pion ou deux qui finissent de rameuter les derniers pour que tout le monde regagne sa piaule. De bons chiens de berger. Alors on demande si on peut s'en griller une petite. Des fois ils disent OK, des fois ils disent Nan.

Et on remonte.

Bob dit que l'internat c'est une prison. Au début je voyais pas de quoi il voulait parler. On n'est pas en prison : On est tranquille, on fait ce qu'on veut. Personne nous embête et on embête personne. Mais Bob il parlait pas de nous, il parlait des autres lycéens. De ceux qui luttent tous les jours pour garder un peu de vie privée dans leur chambre, de ceux qui rackettent, qui intimident, qui mentent, qui forcent les portes avec les pieds et les cadenas avec un couteau, de ceux qui sont loin de chez eux, de ceux qui picolent en cachette, de ceux qui sont trop gentils pour se défendre, trop chétifs pour dire non, trop peu sûrs d'eux pour oser en parler, de ceux qui cherchent désespérément un appui ou un ami entre ces murs, de ceux qui veulent travailler, et bien sûr de ceux qui s'emmerdent et qui considèrent l'internat comme un immense terrain de jeu. La majorité. Nous quatre, on fait pas partie de ces catégories. On est les calmes, ceux que tout le monde pense être défoncés à la fumette – quelle idée, enfin – les baba-cools qui restent dans leur coin.

Un soir, je triais mes affaires de sport en écoutant les complaintes de Bobby (Marley, pas mon pote) et je me suis demandé : c'est quoi une prison ? C'est un lieu où on est enfermé, d'où on ne peut s'échapper. Un lieu avec ses propres règles, où tout tourne en circuit fermé. Un lieu où on n'a pas choisi d'être, où on doit survivre jusqu'à ce qu'on en sorte. Et je me suis dit : Ouais, l'internat, c'est sûrement une prison.

Mais revenons à mon histoire.

La pause, c'est entre  20 h 50 et 21 h 10. Ici, tout est réglé à l'horaire. Théoriquement. En réalité, la pause commence à peu près quand le manque de nicotine devient trop fort et qu'il y en a un qui gueule PAUSE assez fort pour que tout le monde sorte de sa chambre. S'il y en a trop qui veulent descendre, les pions ne peuvent rien faire. C'est la loi du nombre. Et si un étage descend en pause, l'autre s'en aperçoit et met illico la pression à son pion pour descendre à son tour. C'est la loi de la solidarité inter fumeurs.

Toujours en théorie, on doit tous travailler entre 20 h et la pause. C'est l'étude obligatoire dans les chambres. En fait, s'il y en a un qui veut vraiment travailler, il est obligé de demander à aller dans une salle à part. L'ambiance n'est jamais vraiment à l'étude à l'internat, même durant l'étude. La période comprise entre la pause et 22 h est un temps de relâchement, et c'est le moment où la pratique rejoint la théorie. Relâchement est d'ailleurs un mot faible. Explosion serait mieux. Toute le monde court, gesticule, s'apostrophe, se bouscule. Même nous, des fois. C'est l'heure ou tous les forfaits se commettent, justement à cause de cette fébrilité pré nocturne. C'est aussi l'heure où on peut prendre sa douche, et c'est une invasion en règle des salles de bain.

Les pions, ici, sont omniprésents. Mais ils ne servent à rien. On ne peut rien faire sans un pion, mais un pion ne peut rien faire pour nous. C'est la première chose qu'on apprend à l'internat. Les pions passent leur temps à courir partout, à pousser des gueulantes inutiles et à noter les noms des élèves punis. Ils sont marrants à regarder les pions, ont dirait des poupées de chiffon portées par un vent changeant.

Ici, c'est un lycée du bâtiment. Menuiserie, plâtrerie, plomberie, peinture... C'est pas des tendres qui sortent d'ici, c'est des durs. Surtout s'ils ont été internes. Parce que pour tenir quatre ou cinq ans enfermé dans cette prison, il faut s'adapter. Chacun sa technique : il y a ceux qui cherchent la protection. Ils se trouvent un ange gardien et ils essayent de s'en faire un ami. Il y a ceux qui vampirisent les autres, qui empruntent à long terme, qui soumettent les autres à leur loi. Et il y a ceux qui se trouvent un groupe de confiance,  un réseau d'amis, une seconde cellule familiale.

Mais la confiance est toute relative ici. Tout le monde semble être de confiance, les affaires n'en disparaissent pas moins régulièrement. Un conseil : ne laissez pas traîner un bijou ou un paquet de clopes sur votre bureau pendant que vous allez aux chiottes. Au retour, il n'y aura plus rien et vos amis de confiance n'auront rien vu. Il faut tout enfermer à clef dans l'armoire, même le portable qui charge, même la nuit. Même les cours ! Et lorsque vous retrouvez vos affaires – cas rarissime – vous vous rendez compte que vos voisins de chambrée ne sont pas aussi sympas que vous le croyez. Dans le meilleur des cas, ils ont juste couvert le coupable. Ils n'ont pas parlé. Alors vous voulez changer de chambre, retrouver vos « vrais » potes, en qui vous avez « vraiment » confiance, et c'est la même cérémonie qui recommence.

Ici, il n'y a que deux règle : Ne faire confiance à personne. Ne jamais parler.

Celui qui parle est un homme mort. Celui qui parle est un vendu, un déchet. De la viande en sursis.

La semaine dernière, Marc m'a dit qu'on avait beaucoup de liberté ici. De la liberté ? J'ai pas compris. Alors Marc m'a raconté la vie à l'internat d'où il venait. J'ai eu du mal à y croire. Durant les études, tout le monde travaillait, au moment de l'extinction des feux, tout le monde allait se coucher, les portables étaient interdits, le moment de relâchement durait une demi-heure et chaque désobéissance était automatiquement sanctionnée. Bizarrement, il avait ressenti ce canevas de règles comme une sécurité.

Ici, il est impossible de dormir avant onze heures du soir. Entre ceux qui discutent, ceux qui fument au fenêtres, ceux qui regardent un film, ceux qui se lèvent pisser, boire, ramener un truc dans  une chambre, re-boire, chercher un truc oublié dans une autre chambre, taquiner machin, emmerder bidule, embrouiller le pion, chercher du PQ, faire plusieurs chambres avant de trouver quelqu'un qui veut bien lui en prêter, chier, oublier de rendre le PQ, dire bonne nuit à truc et à muche – de chambres différentes, re-croiser le pion qui se demande pourquoi il est pas encore au lit, se rendre compte  que son lit a été mis en cathédrale, chercher le coupable, détourner le lit de la mauvaise personne, réveiller un voisin qui dormait et qui n'est pas content, s'engueuler avec celui dont on a détourné le lit et  qui n'est pas content non plus, se rendre compte que son voisin de chambrée se marre et que c'est lui qui a détourné le lit, lui piquer ses couvertures, se faire détourner le lit par un tiers pendant qu'on course le premier dans le couloir, se faire avoiner par le pion parce qu'il est tard et qu'on est toujours pas au lit, passer encore un quart d'heure pour régler les problèmes du lit détourné, du voisin pas content qui frappe au mur, des piles du discman perdues – parce sans musique c'est pas possible de dormir – du PQ oublié – parce que l'autre, il l'avait pas oublié – et se rendre compte qu'on est trop excité pour dormir. Tu parles. Alors, on se lève, on va boire...

Vous avez compris : Marc, dans son ancien internat, il pouvait pas faire ce qu'il voulait. Mais au moins il arrivait à dormir.

La liberté, c'est pas forcement la solution, surtout à notre âge. Sans règles générales, chacun fonde sa règle. Et tant pis si elle empiète sur la règle de son voisin.

Malgré tout, certaines choses sont solides dans cet internat. Des mots comme CPE et proviseur inspirent toujours un minimum de crainte. Le jour, il y a les cours, dans lesquels règne un certain  calme. Le week-end, chacun repart dans sa famille et remet les pieds sur terre. Et puis il y a les vacances scolaires, les devoirs à faire, les interros...Toutes ces choses installées, immuables, taillées dans le marbre.

C'est pour ça que hier, j'ai pas compris. Tout le monde semble faire comme si de rien n'était, mais moi je tique. Pierre a toujours été un garçon très calme. Trop calme, diront certains... Bien sûr, on pouvait pas deviner qu'il prenait des pilules pour les nerfs. On l'a toujours vu nonchalant, pépère, cool Raoul.

Hier soir, c'était mercredi. Et le mercredi après-midi, tout le monde se débrouille pour se rendre en ville. Le covoiturage, le bus, le stop, tous les moyens sont bons. Il faut savoir que le lycée se situe à plus de trente kilomètres de toute civilisation décente, et notamment de toute présence féminine. Alors le mercredi après-midi, tous les jeunes du lycée se retrouvent dans les rues ou dans ces sanctuaires de la meuf qu'on nomme les lycée d'enseignement général. Souvent, on a soif à force d'arpenter les rues. Des fois on boit de l'alcool. Des fois beaucoup.

            Hier soir, Pierre, il est revenu au lycée avec un peu trop d'alcool dans le nez. Faut dire qu'il s'était fait larguer la veille au soir, le Pierre. Et il l'avait plutôt mal vécu. Alors il avait bu pour essayer d'oublier. Mais tout ce que l'alcool lui avait fait oublier, c'était ses pilules. Et hier soir, à 19 heures, c'est une boule de nerf qui est descendu du bus et qui s'est dirigé vers le réfectoire. On dit qu'il aurait insulté le chauffeur en descendant, sans raison. En tout cas, en rentrant dans le self, il s'est mis à regarder le CPE avec des yeux qui voulaient dire « ouais, je suis bourré et j'essaie même pas de le cacher. Par contre, essaie de me dire quoi que ce soit et tu vas comprendre ta douleur ». Pas bête, le CPE. Il a reçu le message et s'est assis tranquillement à la table des pions. Il devait déjà avoir en tête d'appeler ses parents pour qu'ils viennent chercher leur viande saoule de fils.

            Par contre, Amédée, il l'a pas du tout capté, le message. Lorsqu'il est venu à la table de Pierre pour lui parler, l'autre lui a lancé du « sale noir ». Forcément, Amédée, il est pas du genre à laisser passer ce genre de qualificatif, surtout devant témoins, et les deux se sont empoignés pour se distribuer des baignes. Les pions sont tout de suite venus les séparer, un par bras. Le plus dur à maîtriser, c'était pas Amédée. Il s'était défendu, sa fierté était sauve.

            C'était Pierre. Une vraie furie. Son teint habituellement pâle était cramoisi. Ses yeux indolents exorbités. Son corps voûté un ressort tendu. Il donnait des coups au hasard en criant des mots incompréhensibles, comme fou.

Le CPE s'est mêlé à la mêlée. Il a eu le temps de faire sa tête la plus réprobatrice avant de se prendre une tarte.

Alors le proviseur, par la rumeur attiré, a décidé de faire la même chose. La main de Pierre l'a atteint à la tempe. Ses lunettes on entamé un vol plané mais il les a récupéré en l'air d'un air plein de dignité.

La totalité des élèves qui mangeaient jouait déjà des coudes pour assister au spectacle. Une baston dans l'internat, vous imaginez ! Lorsque le CPE a reçu sa baffe, tout le monde a souri. Lorsque le proviseur a reçu sa baffe, tout le monde a sursauté. Tous les corps se sont statufiés sauf celui de Pierre qui frappait toujours au hasard. Alors, les pions ont réagi. Ils ont plaqué Pierre contre le sol jusqu'à ce qu'il se soit à peu près calmé. Le CPE l'a amené à la Vie Scolaire, transformée en cellule de dégrisement improvisée. Les pions ont essayé de calmer le jeu et de disperser tout le monde. En vain. On s'est calmés quand le choc s'est estompé. Le choc. Et quel choc !

Pierre avait frappé le proviseur. Pierre !

Les parents de Pierre sont effectivement venus le chercher. Pierre ne devrait pas remettre les pieds au lycée jusqu'à nouvel ordre. Ni à l'internat.

Philou me disait ce midi que Pierre allait passer en commission de discipline. C'est cette commission qui allait décider du sort de Pierre. Il n'allait donc pas obligatoirement être exclu, me suis-je dit.

C'est à ce moment là que je me suis souvenu que la commission était présidée par le provo.

Il méritait pas ça, Pierre. C'est un gars bien, pas comme ceux qui volent, qui rackettent, qui trichent et qui mentent. Pas comme ceux qui mettent le bazar et qui empêchent les autres de dormir. Il avait sa place ici, Pierre.

Mais le problème, c'est que c'est pas juste un adulte qu'il a frappé, Pierre. C'est le représentant de l'autorité suprême dans le lycée. Et on n'en sort pas indemne lorsqu'on bafoue cette autorité, même sans faire exprès.

            Et il y a un autre problème. C'est ce que j'appelle le renversement. Un garçon aussi calme que Pierre qui frappe un proviseur, ça me fait l'effet du petit chaperon rouge qui battrait sa grand mère. Surtout qu'il y a pas mal de jeunes loups qui rêvent de faire la même chose. Le fait que Pierre soit puni pour avoir concrétisé les fantasmes d'autres que lui, même inconsciemment, ça me retourne. Et de voir certains de mes compagnons d'internat exhiber des sourires satisfaits pour un acte qu'ils n'ont même pas commis, ça me débecte.

            Si l'internat c'est une prison, c'est qu'il y a toujours moyen d'en sortir. Pierre en est sorti, sans l'avoir voulu.

               On le regrettera. 
                                                               
s-f_cali

                                                ( http://spaces.msn.com/members/jenesaispoint/)

2006/3/24

Prologue sans suite... la fin s'écrit ailleurs...

Voilà déjà plusieurs minutes que Morphée l’avait accueilli dans ses bras frêles et délicats, l’étreignant avec douceur pour le bercer au son d’une voix à la beauté irréelle. Suivant le fil de cette douce mélopée, il s’abandonna encore et encore au milieu du labyrinthe de son inconscient, longeant des corridors exigus dont les portes pouvaient aussi bien receler ses désirs les plus fous comme ses pires craintes.

Au cœur du dédale de couloirs matérialisé par sa pensée, il aperçut enfin un autel d’un blanc immaculé orné de pierreries luminescentes. Au sommet de l’ouvrage de cinq mètres de haut et accessible par une volée de marches, reposait une mince silhouette sur laquelle était tendue une fine pièce de soie véritable. La luxueuse étoffe épousait parfaitement les formes voluptueuses d’une jeune femme étendue sur la pierre lisse. Dans l’instant qui suivit, nul ne bougea.

Soudain, une force invisible le plaqua violemment au sol tandis que l’espace autour de lui s’emplissait d’une chaleur suffocante. Il était à présent incapable d’esquisser le moindre geste et respirait avec difficulté dans cette atmosphère où l’oxygène se raréfiait.

Ses poumons le brûlaient et ses membres ankylosés ne semblaient plus lui appartenir tandis que toute sensation quittait son être. Seule demeurait une indicible douleur qui s’insinuait en lui au-delà de toute frontière rationnelle. C’était comme si son âme même était mise au supplice, le forçant à s’abandonner au mal qui le rongeait. Et c’est ce qu’il fit lorsqu’il n’eut plus ni les capacités physiques, ni la volonté mentale de se battre contre un adversaire immatériel.

C’est alors que tout s’arrêta subitement. Relevant la tête, il parvint à distinguer une dernière fois l’autel avant son réveil, et ce qu’il vit resta gravé en lui depuis ce jour : les pierreries irradiaient d’une lueur rougeâtre tandis qu’une silhouette se découpait nettement dans le halo lumineux qui baignait la scène. Puis l’éclat aveuglant s’estompa, et il vit le visage du destin…

 

Merci à TOI d'avoir revêtu le visage du destin. Mi aim a...

                                                                                                            Jason Caine.

2006/2/17

Sans ailes...

J'ai attendu des mots qu'ils me délivrent de mes maux

Et de mes maux qu'ils me livrent les bons mots

J'ai noircis des pages pour exorciser un mal d’amour

Mais si noires sont les songes qui s'exercent en retour

 

Morose entreprise aux prises avec mes souvenirs

Que de parvenir à vous faire lire ce qui me fait frémir

 

J'espérais des mots les derniers morceaux du puzzle

Ne pas finir en mort sot une partie que je n'avais pas débuté seul.

Je voulais comprendre... usant des mots comme mors au dents

Et puis serrer de toutes mes forces dans les douloureux moments

 

Je voulais écrire ma liaison illusoire

Trouver dans les mots un exutoire

 

Mais le passé a du mordant

Et la dent dur apparemment

Sa morsure semble éternelle

Et gangrène mon âme originelle

 

Une ombre suit chacun de mes pas

M'attire dans ce puits ou personne ne m'attendra

 

"Pas de mais" me susurre-t-elle tout bas

"Je serai pour toi l'unique voie"

"Chemin de vengeance"

"Unique issue pour abréger ta souffrance"

 

Les mots comme seul remède à nos maux

Se révèlent parfois être un poison dans notre dos

 

Les mots à nu écorchent mon cœur

Alimentent ma peine, ma douleur

Mais alors que dans la maison des maux ma peine traîne

Un jour dans la maison des mots une paix renaît

 

Lente renaissance

Apaisement de l’absence

 

Quant l'haleine du passé souffle son air rance,

Et réduit ma volonté d'avancer au silence,

Les mots savent soudain matérialiser ma souffrance

Aux yeux de ceux qui lisent mon errance.

 

Alors peut-être que les mots ne soulagent rien

Si de sagesse ils ne sont empreints

 

Sans sagesse les mots se moquent de guérir nos maux

 

L'émotion glisse sur le papier qui n'épanche en rien les larmes du cœur

 

Larmes de sang, sans cesse, nous laissant seul et désarmé

 

Des mots on ne doit faire des armes pour de sombres motivations...

 

 

Les mots sont mon mémo de jeune auteur

Me rappelant que les mots émeuvent les rêveurs

Ceux qui croient encore en l'amour et se hissent vers le haut

Pour se mouvoir au-delà du cercle des maux

 

Mais ceci n'est pas qu'une démo de mots

Qui puise à la source de mes maux

Touchant d'émoi les buveurs de mortes illusions

Qui peuvent lire en ces mots la fin d'une passion

 

Ceci est une annonce portée haut

Un cri du cœur à prendre au mot

 

Je cherche qui m'aime au point de m'ôter le poids des maux

Poids des mortes espérances et des vilains mots dits

Poids des amants maudits et des non-dits

Poids des âmes en peine, des démons des mots tus

 

A toi que j'attends encore...

 

Tues moi je t'en supplie

Quand je pense aussi

Au "si" qui nourrit en mon âme la pluie

Averse de remords et de regrets

Coulant sur ce qui aurais du

Glissant sur ce qui aurait pu

 

A toi que j'espère chaque seconde...

 

Fais renaître l'étincelle

La flamme qui scellera mes ailes

M'enverra survoler les maux issus d'elle

Pour rejoindre un nouveau ciel...

 

 

                                                                                  Jason Caine

2006/1/30

Drame en quatre actes

ACTE I :

 

JE                                                                                                                        ELLE

           JE..........................................>           <......................................ELLE

                                                    JE.......><.......ELLE

                                                           JE - ELLE

 

                                                      JE VOUS ELLE

                                                      ELLE VOUS JE

 

                                                     JE+ELLE=NOUS

 

 

 

ACTE II :

 

IL                                                                                                                         ELLE

                IL...........................................................>                                            ELLE

                                                  IL.............................................................>        ELLE

 

                                                                                                             IL VOUS ELLE

 

 

 

ACTE III :

 

                                                                                                              IL<.........ELLE

                                                                                                              IL-ELLE

                                                                                                                

                                                                                                    IL VOUS ELLE

                                                                                                    ELLE VOUS IL

                                                                                                  IL+ELLE=VOUS

                                                                                                 VOUS TU NOUS

 

 

 ACTE IV :

 

JE..........................................................................................................> VOUS

 

                                                                                                              JE TU IL

                                                                                                              JE TU ELLE

 

JE <.....................................................................................................     ......

 

 

 

Jason Caine.

2006/1/28

Lettre à une ombre...

Chère S.,

En réponse à tes appels, je voulais te dire que je suis navré

De t’apprendre que je n’oublie rien et t’en veux toujours

 

Pour tout ce qui s’est passé entre nous.

 

Tu es la pire garce que j’ai jamais rencontré.

 

Jour après jour, ma rancœur à ton égard

 

Reste intacte alors que mon amour pour toi

 

S’estompe irrémédiablement.

 

Tu n’étais tout simplement pas une fille pour moi

 

Alors oublions,

 

Oublions nous l’un l’autre, oublions tes mensonges sur

Nos différences et la distance

Pour expliquer notre séparation.

Repartons à zéro,

 

Toi de ton côté avec ce type, moi avec ma conscience et ma fierté.

 

Avoir de tes nouvelles

 

Est la dernière chose que je souhaite même si ta famille

Me manque plus que je ne l’aurais cru.

Alors Adieu et ne m’appelle plus jamais.

 

Je t’embrasse,

 

Pour la dernière fois.

 

                  Jason Caine

 

 

Ps : petite dédicace à la célèbre lettre de George Sand à Alfred de Musset. L’inconscient se sonde en lisant entre les lignes… ;-)

La source...

Assis sur les marches de la Grande Arche, je surplombe le parvis de la défense avec une vue imprenable sur les alentours.

Sur ma droite, le Centre Commercial des Quatre Temps, bondé comme chaque week-end et encore davantage en cette période de soldes. Vive les crevards se jetant sous les rideaux de fer à peine levés dans l'espoir de saisir LA bonne affaire du jour avant tout le monde. Les bourgeois, eux, en profiteront pour rester au chaud, ravis que les petites gens puissent ainsi se vêtir un peu plus convenablement malgré leurs moyens financiers limités. Qui a dit que notre pouvoir d'achat était en chute libre ?

A ma gauche, la FNAC, temple du multimédia pour tout ceux qui de nos jours ont encore les moyens de se payer un cd à plus de 20 euros et un dvd à près de 30 euros. Mais non monsieur le juge ! Je ne télécharge pas illégalement ! Je ne fais que contourner en pleine lumière les lois d'un système qui me prend pour une vache à lait, et me donne dans l'ombre tous les moyens dont j'ai besoin pour graver le fruit de ma passion !

Mais mon regard se focalise surtout de ce côté sur une curieuse construction représentant un pouce doré sortant de terre et pointant vers le ciel. Sans doute la touche artistique la plus immonde et injustifiée de toute l'histoire de l'art moderne locale. Mais attention, chut... Même si une oeuvre ne ressemble à rien, ne dites surtout pas de choses négatives à son sujet, ou l'on vous snobera en prétextant que vous n'avez rien compris à la pensée de son auteur. De même, ne demandez surtout pas à ces mêmes personnes de vous éclairer sur la-dite pensée car vous finiriez par les mettre dans l'embarras en voyant qu'ils sont incapables eux-mêmes de vous répondre.

Enfin, me faisant face, se trouve l'immense esplanade de la Défense, cette cour de béton entourée d'immenses miradors abritant les bureaux de l'aliénation par le travail. A l'intérieur, on y trouve plein de petites abeilles disciplinées et travailleuses qui peuvent à chaque instant regarder à travers les fenêtres à la taille démesurée qui donnent sur le monde et leur offrent l'impression d'être encore libres.

Et au milieu de tout cela, on découvre le marché de noël des artisans. Une touche d'espoir pour nos chers têtes blondes qui pourront admirer les restes de la statue du Père Noël entre le stand d'alcool et celui de la fabrication des canifs.

Aux abords de ce charmant village encore empli de l'esprit de fraternité propre aux fêtes de fin d'année, un groupe péruvien donne une représentation pour la dizaine de spectateurs bravant le froid pour voler quelques notes de musique. Pour prolonger l'expérience, des cd reprenant les titres interprétés ce jour-là sont également en vente... à deux pas de la puissante et influente FNAC. Ou quand le grandiose côtoie la misère.

Enfin, je l'aperçois, marchant d'un pas décidé dans ma direction. L'homme se veut serein dans sa démarche mais le moindre de ces gestes traduit son anxiété : les regards furtifs qu'il jette dans toutes les directions, sa tête engoncée dans le col de sa gabardine.

Il finit par s'arrêter un instant, sort un paquet de cigarette de sa poche, craque une allumette et fait rougir le bout de son plaisir mortel en tirant dessus une longue bouffée. Puis, il lève lentement les yeux vers moi, son mégot aux bords des lèvres, sa main droite crispée sur une serviette en cuir contenant toutes les informations pour lesquelles je vais si grassement le payer.

Il expulse la fumée par les narines, jette ce qu'il avait allumé en vain pour se donner plus de contenance, et prend son courage à deux mains pour gravir une à une les marches qui nous séparent. Lorsqu'il arrive à ma hauteur, je lui intime l'ordre d'un bref signe de tête de s'asseoir à ma droite avant d'ouvrir le bal de notre conversation.

- Monsieur B. Merci pour votre ponctualité, lançais-je en pesant chaque mot, le regard dur.

Le visage de mon interlocuteur se décomposait à vu d’œil. Visiblement le tempo était pour lui trop difficile à suivre.

- J'espère que vous avez apporté ce que je vous avais demandé.

L'homme se contenta d'hocher la tête, les yeux rivés sur ses chaussures, priant sans doute pour ne pas faire un pas de travers dans sa réponse.

- Bien. Très bien. Et qu'avez-vous d'autre à me dire ?

- Heu..., hasarda-t-il.

- Oui Monsieur B ? m'enquis-je en tournant la tête vers lui.

- Rien... rien, parvint-il à répondre avant de déglutir bruyamment.

- Excellent. Dans ce cas voici pour vous. Au revoir Monsieur B.

Fin du bal, fermez le rideau. L'homme prit délicatement l'enveloppe que je lui tendais et ne prit même pas la peine de vérifier la somme. Il se leva, laissant derrière lui la serviette de cuir qui m'était destinée, et s'éloigna avec empressement. Ce soir, il pourrait offrir une soirée inoubliable à sa compagne et passer la plus douce des nuits à ses côtés. Dans l'hypothèse où il parviendrait à faire abstraction de sa conscience, bien entendu.

 

                                                                                                       Jason Caine

2006/1/27

Chienne de vie...

Il avance

Tu l’éprouves

 

Elle veux exister

Tu l’étouffes

 

Ils s’aiment

Tu les déchire et les sépare

 

Il fais des choix

Tu ne lui laisses que regrets

 

Elle rêve

Tu vole ses illusions

 

Il hais

Tu nourris ses remords

 

Elle cherche les bons moments passés

Tu effaces ses souvenirs

 

Il se bat

Tu le combats

 

Elle crie

Tu fais la sourde oreille

 

Besoin de leurs amis

Tu les éloignes

 

Vides loin de leurs proches

Tu les prends un par un

 

Il prie pour sa santé

Tu craches sur ses désirs

 

Elle veux donner la vie

Tu prends son bébé

 

Ils pleurent

Tu les enveloppes de souffrance

 

Et si ils meurent ?

Tu les oublies ?

 

Chienne de vie… injuste et cruelle…

Nous te marquerons de notre sceau pour qu’on ne nous oublie pas

Nous te saignerons et boirons tout ce que l’on pourra retirer de toi

Tu nous rendras au centuple ce que tu nous prends aujourd’hui.

 

 

                                                                                                        Jason Caine

2006/1/26

La nature humaine...

L'Homme est-il naturellement mauvais ? Réponse affirmative en dix points (désolé J.-J. Rousseau, Lol) :

 

1- Oui car l'Homme est le seul capable de tuer non pour sa survie mais par pur plaisir. Toutes les autres espèces tuent pour se nourrir. Exception faite de certains abrutis d'animaux domestiques capables de tuer un mulot ou une poule par simple jeu. Néanmoins ces derniers ne sont pas conscients dans ce cas de ce qu'ils font. C'est la conscience, chez l'Homme, des conséquences de ses actes, qui le rend différent des autres espèces en ce point.

 

2- Oui car l'Homme est le seul capable d'actes de torture. Toutes les autres espèces achèvent leur victime de manière rapide. Bon il est vrai que la morsure de certains serpents entraînent une paralysie leur permettant de vous dévorer vivant, ou bien provoquent un empoisonnement qui vous tue à petit feu dans d'atroces souffrances. Mais on reste ici dans le cas d'un moyen de défense naturelle, ce qui n'est pas le cas de l'Homme qui peut se montrer très imaginatif pour repousser les limites de la résistance à la douleur chez un individu.

 

3- Oui car l'Homme est la seule espèce qui détruit son habitat naturel pour prospérer. La fonte des glaces, c'est notre faute. Les gazs à effet de serre et le réchauffement de la planète, idem. La déforestation, encore nous. Si certaines espèces altèrent leur habitat, toutes rentrent néamoins dans un cycle à l'équilibre fragile. L'Homme est le seul à brutaliser le cycle universel de tous juste pour satisfaire des besoins matériels superficiels. Il est le seul à ne pas vivre en accord avec son environnement. Il le module à sa guise.

 

4- Oui car l'Homme est la seule espèce capable de créer une religion d'amour et d'en faire un instrument de guerre. Croisades, intolérence pour les autres religions, tueries, et j'en passe.

 

5- Oui car l'Homme est le seul capable de créer des outils dans le but de tuer l'un des siens. Et à ce petit jeu, là encore, l'intelligence de l'Homme est rentabilisée au paroxysme de sa bêtise.

 

6- Oui car l'Homme est la seule espèce dont les chefs rêvent à un monde meilleur tout en participant chaque jour à le rendre pire pour les générations à venir.

 

7- Oui car l'Homme est le seul à pratiquer le vol pour des raisons autres que la satisfaction de besoins primaires tels que se nourrir.

 

8- Oui car l'Homme est le seul à pratiquer des formes de violence psychologique comme l'humiliation, l'insulte, le harcèlement moral, etc. Les autres espèces fonctionnent davantage à l'intimidation sur un court laps de temps pour s'imposer au sein d'un groupe.

 

9- Oui car l'Homme est le seul à s'attaquer aux plus faibles (et en bande pour les plus lâches) pour des raisons autres que la satisfaction de besoins primaires tels que se nourrir.

 

10- Oui car de toute évidence l'Homme est la seule espèce qui va réussir à se détruire toute seule et là tout est dit.

 

Conclusion, l'Homme se voit crédité des pires atrocités alors qu'il est pourtant la seule espèce à vraiment pouvoir mesurer les conséquences des ces actes. L'Homme est donc naturellement mauvais. CQFD. Mais peut-être y a -t-il néanmoins du bon dans ce triste constat que chacun est amené un jour à faire.

 

C'est pourquoi j'aimerais pouvoir continuer à avoir foi en la nature humaine pour sa capacité à se surpasser pour faire de belles choses. Puisse les actes de certains ne jamais nous empêcher de rêver en une nature humaine qui peut se montrer noble et belle...

Enfin parfois...

 

                                                                                                       Jason Caine

2006/1/24

Idées noires

Certains pensent que l’amour protège de la haine, car ce sont deux sentiments antagonistes de par leur nature respective. Mais en réalité, deux sentiments ne sont antagonistes que par leur différence d’intensité, pas par leur nature. Or, l’amour et la haine sont aussi forts l’un que l’autre, proches dans leur intensité. Ils ne sont donc pas antagonistes et c’est pourquoi il est si facile de passer de l’un à l’autre. En fait, la haine découle directement d’un amour déçu. Et plus cet amour est puissant, intense, plus le flot de haine qui naît de son échec se révèle dévastateur. Il annihile chez son hôte toute raison mentale. Il le submerge de colère, brouille son esprit, sclérose sa réflexion. Seul persiste en lui le spectre de la vengeance. Il faut alors prier pour qu’il trouve à temps un autre exutoire.

 

                                                                                                         Jason Caine